La presse : quel avenir ?

Standard

Le oueb, le oueb, le oueb. Ils n’ont que ce mot-là à la bouche. L’année 2007 a été celle du début de la grande migration de la presse traditionnelle vers internet.

Migration parce qu’aujourd’hui, les grands groupes ne réfléchissent plus seulement en terme de présence sur la toile ou de complémentarité entre le net et le print, mais surtout en terme de basculement total du papier vers le web.

Dernier épisode en date, le groupe Lagardère a fait savoir cette semaine qu’il était intéressé pour racheter le site internet santé-féminin Doctissimo. Ce n’est pas qu’un simple investissement ou une diversification, mais un virage. Car dans le même temps, le groupe se désengage de la presse écrite. Il y a quelques semaines, le mensuel féminin Isa a fermé boutique. Et pourtant, il affichait une diffusion totale de près de 200 000 exemplaires (en augmentation de 30 000 exemplaires en deux ans) et avait un tiers de pub dans ses pages. Ça veut dire quoi ? Qu’un carnard qui se vend à 200 000 n’a pas d’avenir aujourd’hui pour un industriel de la presse. Toute la stratégie de Lagardère est désormais recentrée sur internet. Il y a deux mois, le groupe a ainsi annoncé la création de 100 sites web d’ici 2009. Jusque-là, d’autres titres du groupe, comme Première semble-t-il, pourraient disparaître.

Autres exemples. L’Allemand Springer a préféré racheté le site aufeminin.com (que convoitait Lagardère) plutôt que de lancer sa version de Bild en France. Après rue89 et les anciens de Libé, c’est au tour d’Edwy Plénel, ancien directeur de la rédaction du Monde, de monter son projet internet qui, lui, sera payant par abonnement (9 euros). Son ambition est de créer un modèle économique de la qualité, en opposition à celui de la gratuité, de l’audience et de la publicité

La raison d’un tel bouleversement est à trouver là : selon Le Monde, « le chiffre d’affaires des sites de médias devrait atteindre 420 millions d’euros à la fin 2007, soit l’équivalent d’un gros secteur de presse magazine comme la presse de télévision. Chiffre qui devrait doubler à l’horizon 2010 ». Nous sommes dans un système de vases communicants : ces sommes ne s’ajoutent pas à celles investies dans la presse traditionnelle, elles en partent.

Source : David Carzon sur BBB.net